UNIK & VOUSUNIK & VOUS
Assurance professionnelle11 minMis à jour le 20/08/2026

Assurance décennale : bien démarrer son activité d'artisan

Lorsqu'un artisan ou une entreprise du bâtiment démarre, l'assurance décennale doit être étudiée avant l'ouverture des premiers chantiers dès lors que l'activité entre dans le champ de l'obligation applicable aux constructeurs. Le métier déclaré, les techniques utilisées, l'expérience justifiée, la sous-traitance et la date d'effet doivent être cohérents. Une attestation ne protège pas indistinctement tous les travaux : elle se lit activité par activité et période par période.

Quand l'assurance décennale peut-elle être obligatoire ?

La responsabilité décennale concerne les constructeurs lorsque les travaux entrent dans le cadre légal applicable et que des dommages compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. L'obligation d'assurance dépend donc de la qualité de constructeur, de la nature de l'intervention et du droit applicable, pas simplement de l'étiquette générale « artisan ».

Un carreleur, un électricien, un plombier, un maçon ou un couvreur n'exerce pas une activité identique dans tous les dossiers. Certains travaux peuvent relever de la décennale, d'autres de responsabilités différentes. En cas de doute sur une activité précise, il faut la décrire à l'assureur ou au courtier et, si nécessaire, obtenir un avis juridique adapté.

Déclarer le métier ne suffit pas : il faut déclarer les activités

Les contrats et attestations énumèrent les activités garanties. Une entreprise présentée comme « rénovation générale » peut en réalité réaliser de la plomberie, du carrelage, de l'étanchéité, de l'électricité ou de la pose d'équipements. Chaque activité doit être formulée conformément aux travaux réellement proposés et aux définitions de l'assureur.

Les activités secondaires ne doivent pas être omises au motif qu'elles représentent peu de chiffre d'affaires. Si elles sont exécutées sur un chantier, leur fréquence ne supprime pas le risque. À l'inverse, déclarer une activité jamais maîtrisée pour élargir artificiellement l'attestation n'est pas une bonne pratique.

Pourquoi l'expérience professionnelle est-elle examinée ?

Pour étudier le risque, un assureur peut demander des éléments démontrant la compétence et l'expérience sur les activités à garantir. Les exigences varient selon les compagnies, le métier, les techniques, la formation et le parcours professionnel. Une création d'entreprise récente n'est donc pas synonyme d'absence d'expérience : le dirigeant peut avoir exercé auparavant comme salarié ou sous un autre statut.

CV détaillé, certificats de travail, bulletins de salaire, diplômes, attestations d'employeurs, anciennes assurances ou factures peuvent être demandés selon le dossier. Ces pièces doivent être authentiques, cohérentes et suffisamment précises pour relier l'expérience à l'activité recherchée.

Activités principales, secondaires et techniques particulières

La répartition prévisionnelle du chiffre d'affaires aide l'assureur à comprendre l'exposition. Il faut signaler les techniques particulières, travaux sur existant, interventions en hauteur, procédés non courants ou produits spécifiques lorsque le questionnaire les demande. Les seuils, limitations et exclusions doivent être rapprochés des chantiers envisagés.

Si l'entreprise élargit ensuite son offre, elle doit vérifier la couverture avant d'accepter les nouveaux travaux. Une activité ajoutée au registre de l'entreprise n'est pas automatiquement ajoutée au contrat d'assurance. Un avenant ou une nouvelle étude peut être nécessaire.

Sous-traitance : ne pas supposer que la chaîne protège tout le monde

Le recours à la sous-traitance doit être déclaré lorsque le contrat ou le questionnaire le prévoit. Le donneur d'ordre doit vérifier la situation des sous-traitants, leur qualification et leurs attestations pour les activités confiées. Il ne faut pas présumer que l'assurance de l'un remplace automatiquement les obligations ou responsabilités de l'autre.

Un artisan qui intervient uniquement comme sous-traitant doit lui aussi décrire exactement son rôle. Le régime de responsabilité peut différer de celui d'un lien direct avec le maître d'ouvrage, mais la RC Pro, les dommages causés pendant les travaux et les exigences contractuelles du donneur d'ordre restent à examiner.

Lire l'attestation avant de la remettre au client

L'attestation doit être contrôlée : identité de l'assuré, période de validité, activités garanties, zone géographique, techniques ou procédés, éventuels plafonds et références du contrat. L'objectif est de vérifier qu'elle correspond au chantier proposé, pas seulement qu'elle porte le mot « décennale ».

La date d'effet est essentielle. Les travaux commencés avant la prise d'effet ne deviennent pas automatiquement couverts par une souscription postérieure. Il faut conserver le contrat, les attestations correspondant à chaque période, les devis, factures et documents de réception afin de pouvoir reconstituer le contexte d'un chantier.

Exclusions, franchises et autres assurances à examiner

Une décennale n'est pas une assurance tous risques. Elle ne remplace pas la responsabilité civile professionnelle, l'assurance des véhicules, la protection du local, du matériel ou la prévoyance du dirigeant. Les dommages pendant le chantier, les biens confiés et les conséquences financières d'une interruption relèvent de garanties différentes selon les contrats.

Avant de choisir, comparez les activités garanties, exclusions, franchises, plafonds et services d'accompagnement. Le prix compte, mais une cotisation basse n'a pas de valeur si l'activité principale n'est pas correctement déclarée. L'assureur reste libre d'accepter le risque, de demander des pièces ou de proposer des conditions particulières.

Le dossier à préparer avant de demander une étude

Rassemblez l'immatriculation de l'entreprise, la description des activités, les qualifications, l'historique professionnel, les justificatifs d'expérience, le chiffre d'affaires prévisionnel, la part de sous-traitance et les éventuels antécédents d'assurance ou de sinistres. Un questionnaire complet évite les échanges incomplets et les formulations trop générales.

Le courtier peut aider à traduire le métier en informations assurantielles, repérer une activité oubliée et comparer les propositions. Il ne peut ni garantir l'acceptation ni transformer une activité non souscrite en activité couverte. La déclaration exacte reste la base de la relation avec l'assureur.

Questions fréquentes

Peut-on commencer un chantier avant d'avoir reçu l'attestation décennale ?

Il faut éviter de commencer des travaux relevant de l'obligation sans avoir vérifié une assurance en vigueur couvrant l'activité concernée. Une souscription postérieure ne couvre pas automatiquement les chantiers déjà commencés.

Une attestation décennale couvre-t-elle toutes les activités du bâtiment ?

Non. Elle mentionne des activités garanties et peut comporter des limites. Il faut comparer ces mentions avec les travaux inscrits au devis et réellement exécutés.

Quels justificatifs d'expérience peuvent être demandés ?

Selon l'assureur : diplômes, certificats de travail, bulletins de salaire, CV, attestations d'employeur, anciennes factures ou historique d'assurance. Les exigences varient selon le métier et le dossier.

La sous-traitance dispense-t-elle toujours d'assurance décennale ?

Il ne faut pas appliquer cette conclusion sans analyse. La responsabilité, le contrat de sous-traitance, les travaux réalisés et les exigences du donneur d'ordre doivent être vérifiés. Une RC Pro et d'autres garanties peuvent rester nécessaires.

Que faire lorsqu'une nouvelle activité est ajoutée à l'entreprise ?

Prévenez l'assureur ou le courtier avant d'accepter les travaux. Une modification administrative de l'activité ne modifie pas automatiquement les garanties du contrat.

Sources officielles

Artisans et entreprises du BTP

Vos activités sont-elles correctement présentées à l'assureur ?

Préparez vos activités, justificatifs d'expérience et premiers chantiers pour comparer des propositions cohérentes avec votre métier.

Comparer les solutions décennales